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Wes Anderson

Né en 1969 au Texas. Licencié en philosophie, Wes Anderson se lance dans la réalisation en autodidacte. Après des essais de courts métrages, il tourne son premier long en 1996. Il a l’art de réunir de grands acteurs dans des rôles souvent décalés.

The grand Budapest Hotel



De Wes Anderson

Avec :
Ralph Fiennes, Tony Revolori, F. Murray Abraham

Allemagne, Royaume-Uni, 2013, 100min. anglais ,

Monsieur Gustave, le concierge légendaire du grand hôtel Budapest au  « pays du brouillard », ville d’eau dans un pays imaginaire quelque part à l’Est, agit comme metteur en scène secret d’apparitions haut en couleurs des hôtes, globetrotters et excentriques. Il en connaît les préférences et désirs secrets. Certaines dames s’en montrent reconnaissantes, comme Mme D. qui lui lègue un précieux tableau de la Renaissance. Mais le fils de Mme D. ne le voit pas de cet ?il et accuse Gustave du meurtre de sa mère avec vol par abus de faiblesse à la clé. Gustave est mis en prison mais, grâce à sa bonne connaissance du genre humain, il arrive à se libérer. Un jeune page devient son homme de confiance et ensemble ils se mettent en quête du tableau disparu ? au beau milieu des changements de société dramatiques de l’entre-guerre.

Librement inspiré de l’?uvre de Stefan Zweig, ce mariage d’amour entre kitsch et humour produit un portrait délicieux d’une époque révolue, époque dont le ?lobby boy’, devenu vieux, dit à la fin du film qu’elle était déjà révolue quand Gustave y entra, mais que ce dernier réussit à maintenir l’illusion de sa réalité avec une grâce incomparable.
Une pléiade de bons acteurs ? Jude Law en jeune écrivain, Ralph Finnes en Monsieur Gustave, Matthieu Amalric en servant, Adrian Brody et Willem Dafoe dans le rôle de méchants, Edward Norton comme officier nazi ?so elegant’  jusqu’à Tilda Swinton, presque méconnaissable en (très) vieille dame? même les petits rôles sont bien fournis comme cette femme de chambre jouée par Léa Seydoux ? sert une caméra amoureuse de ses personnages par laquelle le réalisateur prolonge le regard de Stefan Zweig, empreint de tendresse, sur des êtres souffrants, ridicules ? humains.
Lors de la conférence de presse, Wes Anderson précise qu’il n’a pas repris un récit particulier de Stefan Zweig, mais s’est inspiré de l’atmosphère de son univers dont il déplore qu’il soit si peu connu aux USA. La phrase que dit l’écrivain au début, que les écrivains n’ont pas besoin de chercher l’inspiration, mais que, dès qu’ils sont connus, les gens leur apportent leurs histoires et qu’il suffit d’écouter, est une citation de Zweig. Outre cette source littéraire, le réalisateur dit s’être inspiré des films de Lubitch ? le nom de l’hôtel ?Budapest’ fait référence à The Shop around the Corner.
Conte de fée d’une lutte, perdue d’avance et pourtant menée avec brio, contre la grossièreté du monde, au montage enjoué et avec de multiples passages entre les différents niveaux du récit, le film fait partie de ceux dont on se dit à regret à la fin : « déjà fini » ?

Projeté au Ciné-Festival en 2014. En compétition



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